Clôture des Activités de Gestion dans les Parcs Nationaux de Nech Sar et de l'Omo.
Résumé
African Parks Network a pris la décision de mettre fin à ses activités de gestion dans le Parc National de Nech Sar et le Parc National de l’Omo dans le sud de l'Éthiopie. Ces deux parcs sont confrontés à des défis considérables résultant de leur utilisation non durable par un ou plusieurs groupes ethniques, souvent en concurrence et en conflit les uns avec les autres. Afin de parvenir à une solution viable, des accords officiels sur les limites de l'utilisation des ressources doivent être discutés et convenus avec les différents groupes ethniques, pour ouvrir la voie à un plan d'utilisation des terres reconnu et respecté par toutes les parties prenantes. African Parks a tenté d’y parvenir à Nech Sar mais le résultat n'a pas été approuvé par les autorités. Dans le cas de l’Omo, la situation est plus compliquée et un résultat similaire est inévitable. Des compromis seront nécessaires et, par conséquent, un tel processus doit être pleinement entériné par le gouvernement et appuyé par les organisations des droits de l'homme afin de garantir que les groupes ethniques soient correctement consultés et représentés. Un tel développement mènerait à la publication officielle des zones protégées et constituerait le fondement d'une solution de gestion durable au bénéfice des hommes et de la nature. L'échec du processus entraînerait presque certainement la perte permanente des parcs et la poursuite des conflits entre les groupes ethniques. Des mesures appropriées sont prises pour garantir que la remise soit aussi aisée que possible et que le personnel soit pris en charge de manière appropriée.
Parc National de Nech Sar
En février 2004, African Parks a signé un accord avec le Gouvernement Fédéral d'Éthiopie et des Nations, Nationalités et Peuples du Sud pour la gestion du Parc National de Nech Sar. À l'époque et vu leur impact non durable sur le parc, les gouvernements avaient exprimé leur intention première de réinstaller deux groupes de personnes habitant le parc. Nech Sar ne s'étend que sur 50.000 hectares, dont une grande partie est constituée d'eau, et les plaines dont le parc tire son nom étaient largement pâturées par jusqu'à 7.000 bovins, ce qui a entraîné une dégradation de l'habitat, l'érosion et la pression sur des espèces essentielles comme l’endémique bubale de Swayne. La réinstallation a été partiellement réalisée avec la relocalisation de la communauté Kore au sud du parc. Cependant, trois ans après le début du projet, l'une des communautés y demeure toujours et leur utilisation accrue ainsi que celle de leurs troupeaux de bétail menace toujours la viabilité du parc.
Au cours des deux premières années du projet, les autorités ont peu progressé dans la négociation d'un compromis acceptable au bénéfice mutuel des communautés et du parc. C'est pourquoi cette année, African Parks a décidé d’entreprendre un effort concerté pour négocier, avec des conseils de spécialistes indépendants, un accord avec les Guji sur les limites d'utilisation du parc. Des organisations externes ont été invitées à participer et à assister aux négociations. Dans une certaine mesure, ce processus a été couronné de succès et un accord officiel a été conclu le 30 septembre avec les Guji définissant une zone centrale qui serait exempte de personnes et de bétail, mais avec une utilisation autorisée dans le reste du parc. Les autorités ont été invitées à reconnaître cet accord comme un compromis acceptable et pratique au bénéfice des personnes et de la nature. Cette reconnaissance n'a pas abouti. Par conséquent, African Parks a décidé de mettre fin à toutes ses opérations à Nech Sar.
Parc National de l’Omo
En novembre 2005, African Parks a signé un accord similaire pour la gestion du parc national de l'Omo. la complexité et les défis de la gestion de l'Omo étaient reconnus à l'époque, bien que leur ampleur ait été sous-estimée. Huit groupes ethniques distincts vivent ou utilisent le parc. Il y a de l'hostilité entre ces groupes qui se disputent les terres et d'autres ressources, et de nombreux hommes portent des armes automatiques ou semi-automatiques. La faune a été décimée, sauf dans le «no man's land» entre les différents groupes ethniques. African Parks a mis en place du personnel et des mécanismes pour établir des relations et la confiance avec les différents groupes ethniques. Nos actions étaient basées sur le fait que la seule chance d'assurer un avenir durable à Omo et aux personnes dépendantes de l'écosystème était de négocier les limites d'utilisation des terres et des ressources naturelles par chacun des différents groupes ethniques. En cas de succès, cela aurait assuré la durabilité à long terme de certaines sections du parc et la création d'aires de conservation communautaire dans d'autres. Cela aurait également apporté la paix et la stabilité régionales, ce que souhaitaient tous les groupes ethniques.
Un tel processus de négociation est extrêmement compliqué et parsemé de problèmes de représentativité, de légitimité et d'intérêts personnels ainsi que de défis logistiques extrêmes. Et, pour compliquer les choses, certaines organisations de défense des droits de l'homme ont immédiatement considéré African Parks comme étant de mauvaise foi, et sans jamais visiter la région ni consulter les communautés mêmes dont elles prétendaient représenter les intérêts, ont publiquement critiqué les efforts d’African Parks. Cette interprétation, quoiqu’injustifiée, a mis en évidence la nécessité de conduire ce processus de manière objective. African Parks est actif à Omo depuis deux ans et notre contrat prévoit un engagement initial de trois ans. Nous ne pensons pas qu’African Parks soit en mesure de résoudre les complexités de l’Omo, du moins pas dans les délais prévus. Par conséquent, nous avons demandé au gouvernement éthiopien d’autoriser la résiliation anticipée de l'accord de gestion.