Bâtir un avenir commun dans le Parc National de la Garamba

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Le Parc National de la Garamba offre un exemple concret de la manière dont la conservation et le développement local peuvent se renforcer mutuellement. À travers l'éducation environnementale, des initiatives de subsistance durable et des programmes communautaires, le parc contribue à créer des opportunités pour les populations riveraines tout en soutenant la préservation à long terme de l'écosystème.

La Garamba emploie actuellement 518 employés nationaux, dont 362 sont issus des communautés environnantes, représentant 70 % de l'effectif total. Ce fort ancrage local reflète l'engagement du parc envers les populations voisines.

Photo d'élèves d'une école riveraine lors d'une visite gratuite au parc national de la Garamba © Marcus Westberg

Apprentissage et leadership

Chaque année, le parc ouvre gratuitement ses portes aux écoles des villages voisins. Environ 1 500 élèves participent ainsi à des sorties pédagogiques. À bord des véhicules du parc, ils vivent des expériences qui transforment la théorie apprise en classe en une réalité concrète : observation de la faune, découverte des écosystèmes et sensibilisation à l'importance de la conservation. Ces jeunes “ambassadeurs de la nature” transmettent ce qu'ils ont appris à leur entourage, encourageant ainsi les conversations sur l'utilisation durable des ressources naturelles.

La valeur de ces programmes fait également l'unanimité au sein du secteur éducatif. Comme le souligne Djabir Assani Alfred, Directeur provincial de l'Éducation nationale et de la Nouvelle citoyenneté pour le Haut-Uélé II : « Conduire les élèves pour visiter parc éveille en eux un véritable amour pour la nature et pour ce site. Les activités d'éducation environnementale menées dans les écoles enrichissent leur compréhension des enjeux écologiques et leur enseignent, dès le plus jeune âge, les réflexes écoresponsables. »

Cette démarche éducative s'étend bien au-delà des bancs de l'école. Femmes, jeunes, chefs coutumiers et aînés participent activement à des sessions de sensibilisation et à des comités de dialogue réguliers. Ces espaces d'échange contribuent à consolider la gouvernance locale et à ancrer, au cœur des communautés, l'appropriation des mesures de conservation. 

Soutien aux moyens de subsistance

Sur le plan agricole, la Garamba a déployé un réseau de « Champs-Écoles Paysans » qui a déjà certifié des centaines de producteurs aux pratiques agroécologiques. Ces initiatives de formation terrain intègrent la culture sur planches surélevées, l’association de cultures (maïs, haricots et soja), les techniques de conservation des sols ainsi qu'un abandon progressif de l’agriculture sur brûlis. Ensemble, ces approches ont permis d’améliorer les rendements tout en allégeant la pression exercée sur les habitats naturels. Les agriculteurs-relais ainsi formés transmettent ensuite ces pratiques au sein de leurs villages, créant un effet multiplicateur qui rayonne bien au-delà des frontières du parc.

Pour Marie-Noëlle Lafayo Agiko, agricultrice formée grâce à ce programme, l'impact est indéniable : " Je produis désormais une grande variété de légumes tout au long de l'année. Les bénéfices générés me permettent de scolariser cinq de mes enfants et m'ont également permis de me lancer dans l'élevage de poules et de chèvres." Aujourd'hui, elle transmet à son tour ces techniques à douze autres agriculteurs de sa communauté, contribuant ainsi à faire rayonner ces bienfaits bien au-delà de son propre foyer.

Espérance Dedebha a pu accroître significativement ses revenus Grâce aux acquis des Champs-Écoles Paysans.- © Richard M. Kalayi / PNG

De nombreux autres producteurs engagés dans les Champs-Écoles Paysans font état de bénéfices similaires. Espérance Dedebha en témoigne : " Ces techniques me font non seulement gagner un temps précieux, mais elles me permettent aussi d'optimiser ma production et de diversifier mes récoltes à chaque saison. " Ces revenus complémentaires lui ont permis de subvenir aux besoins de son foyer, de scolariser six enfants et d'acquérir une machine à coudre, consolidant ainsi durablement ses moyens de subsistance.

L’apiculture durable s'impose désormais comme un levier financier incontournable pour l’économie locale. Grâce à l’introduction de ruches modernes et de ruchers-écoles, cette activité traditionnelle s'est professionnalisée, permettant d’augmenter les taux de colonisation et de sécuriser la production de miel. Aujourd'hui, des apiculteurs-relais certifiés transmettent des méthodes qui préservent les colonies et limitent les risques d'incendies de brousse. La transformation locale du miel et la perspective d'un label commercial ouvrent la voie à de nouveaux débouchés économiques, tout en favorisant la pollinisation des cultures et la résilience des systèmes agricoles.

Photo of female beekeeping trainers heading to inspect the beneficiaries' demonstration apiaries in the riverside communities of Garamba National Park © Marcus Westberg

Développée comme une alternative durable, la pisciculture familiale illustre parfaitement la capacité du parc à apporter des réponses concrètes aux défis de la sécurité alimentaire. L’aménagement de bassins collectifs et individuels en périphérie du parc a permis à des centaines de foyers de se lancer dans l’élevage de poissons, améliorant ainsi la disponibilité alimentaire et diversifiant les sources de revenus. En réduisant la dépendance vis-à-vis des ressources sauvages, ces projets aquacoles contribuent à préserver le patrimoine naturel dont dépendent indissociablement les communautés et la faune sauvage. 

Renforcer la résilience des communautés

Les cliniques mobiles et les missions de sensibilisation intégrées se déploient désormais jusqu'aux communautés les plus isolées, là où l’accès aux soins de santé reste précaire. Chaque passage conjugue consultations médicales de base et distribution de médicaments essentiels avec des sessions de sensibilisation ciblées. Ces interventions abordent les enjeux sanitaires et environnementaux à travers des messages pratiques, parfaitement adaptés aux réalités locales.

En parallèle, une étroite collaboration avec les acteurs de la justice et du parquet vient appuyer l’application du droit de l’environnement. Cette synergie permet d'harmoniser les poursuites judiciaires et d'instaurer un climat plus serein pour les populations comme pour la faune sauvage. Ensemble, ces programmes s’inscrivent dans une stratégie globale qui unit indissociablement sécurité, santé et infrastructures.

Enfin, le parc a investi dans des infrastructures de première nécessité — telles que des écoles, des centres de santé, des pistes routières et des mini-réseaux solaires — contribuant ainsi à stabiliser les conditions de vie et à désenclaver l'accès aux services essentiels.

Toutes ces réalisations concourent à faire du parc un véritable ancrage de stabilité régionale, où la préservation de la biodiversité et le bien-être humain progressent désormais main dans la main.

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